Internet et Décentralisation, kesako ?

Garage, Be fine

Résumons, rapidement

La décentralisation dans #Internet, c'est le fait d'être son propre acteur en communiquant depuis son espace avec les autres dans le Réseau, tout en gérant soi-même, grâce à des logiciels, ses données et services.

Du logiciel, mais Libre !

Tout le monde n'étant pas développeur confirmé de logiciels, ce domaine à une importance primordiale pour confier sa dépendance et sa confiance. Il faut donc bien les choisir. Pour comprendre, il faut lire les définitions du Logiciel Libre par la FSF, et celle de l'Open Source, par l'OSI.

L'idéal est d'utiliser des logiciels Libres, ou tout du moins #opensource, permettant la modification, l'uitlisation et la copie. L'accès à leurs codes sources est indispensable, car cela permet de vérifier ce qu'ils font réellement. Pouvoir les auditer et les modifier permet d'accepter des contributions pour les rendre plus sécurisés et plus fonctionnels.

Pour conserver ce concept de décentralisation, le logiciel doit être créé dans l'optique d'être décentralisé

Le logiciel décentralisé ?

Le concept reprend la première définition citée plus haut. Le logiciel qui fait ce dont on a besoin, doit permettre d'être son propre acteur sur la toile, afin de l'utiliser n'importe où, et de gérer ses données. Le P2P “Pair à Pair” est le parfait exemple de décentralisation, mais l'exemple idéal de ce concept se retrouve, avant tout dans labriqueinternet ou encore dans le projet freedombox. Sans s'éterniser dans les détails, le principe est de construire son propre espace, chez soi sur Internet ; de créer son réseau dans le Réseau.

Oui, mais Internet, c'est Libre ? À la base, Internet a été créé dans le but de la Libre-circulation de l'information et pour cela, les protocoles servant au transport des communications ont été développés sous la forme de logiciels aux licences Libres. L'essence même d'Internet est donc d'être décentralisé puisque chaque utilisateur peut communiquer depuis son réseau avec le réseau des autres jusqu'au bout des fils.

Ça laisse donc aussi le libre-choix à chacun de créer des logiciels et des protocoles non libres, dit “privateurs”. Mais, ces derniers ont rarement l'ambition d'être décentralisés.

Ainsi, les entreprises commerciales fabriquant leurs propres logiciels privateurs, s'appuyant pourtant sur des protocoles Libres, aiment entretenir la confusion chez l'utilisateur. Il peut croire qu'installer le plus gros réseau social privateur au monde sur son smartbidule, c'est “Internet” et c'est avoir ses données avec lui. En fait, non. Il faut pour cela comprendre et distinguer 2 sortes de logiciels. Le logiciel “Serveur” et le logiciel “Client”.

Serveur, Client ?

Le Client, c'est l'application que l'on voit. Le serveur, lui, se veut très discret et gère les données.

Le logiciel “Client”, c'est celui qui transmet vos super selfies au logiciel “Serveur”. Le logiciel “Serveur” les transmet, ensuite à son tour, à votre ami(e) sur son application, tout en les conservant, au passage. Le logiciel “Client” peut être Libre, et le logiciel “Serveur”, privateur – ou pas pour les deux. Sur Internet, ce combo serveur/client est indispensable, mais il peut être intégré au sein d'une même application, comme dans le cas du P2P.

Une entreprise commerciale aura donc tout intérêt à centraliser au même endroit – sur SON ou ses propres “Serveurs”, les données de l'utilisateur pour créer son profil et lui montrer des publicités les plus ciblées possible. Il n'y a pas de faux profits dans le Commerce où les Données Personnelles sont le véritable pétrole numérique (cf: Wired). Ne parlons même pas de sa responsabilité quand elle doit mettre tout en oeuvre pour ne pas se faire voler ses précieuses données, ou si, elle pratique leurs reventes...

Centralisé ou pas ?

Avant d'installer le logiciel d'une entreprise, demandez vous comment il fonctionne. Si, le logiciel “Serveur” est privateur, et que vous ne pouvez pas l'installer chez vous – sinon, il est dit “distribué” – ou profiter du bon coeur d'une association qui le propose (Coucou les CHATONS), c'est que l'entreprise a quelque chose à cacher ou qu'elle traite les données que vous lui donnez comme elle veut.

Au contraire, avec un service décentralisé, cette équation commerciale n'est pas toujours viable car l'utilisateur peut à tout moment changer de “Serveur” et donc “d'adresse”, et même de profil. C'est le principe d'instances fédérées Ce principe n'empêche toutefois pas son développeur de faire du commerce de son service ; il laisse juste le choix à ses clients. On peut noter l'exemple de Writefreely et son instance write.as. Toutefois, dans ce cas, les données personnelles des clients sont rarement utiles.

Instances fédérées ?

Un logiciel décentralisé peut être dit “fédéré” lorsque celui-ci permet d'intéragir avec ses différents compairs via des logiciels serveurs qui intéragissent entre-eux et qui ne sont pas gérés par une seule et même entité.

On peut citer comme exemple de service décentralisé : Mastodon, Pixelfed, Peertube, XMPP et beaucoup d'autres. Ces services fonctionnent sous la forme d'instances que l'on peut définir par un noeud dans le Réseau ou de manière plus imagée, par son balcon dans la ville. Un service fédéré libre doit permettre l'instllation par l'utilisateur de son logiciel “Serveur”. Celui-ci doit aussi avoir son code source ouvert.

La décentralisation par l'exemple

Ainsi, une instance A de Mastodon, gérée par la fille de Mr Michu permet de communiquer avec les utilisateurs de l'instance B gérée par une association. Il n'y a pas de serveurs centralisés gérant tous les autres. De plus, les utilisateurs de l'instance B peuvent à tout moment faire comme Mr Michu ! (Se faire aider par le geek du coin). Cet exemple fonctionne aussi bien avec la messagerie chiffrée XMPP.

Super le Minitel 2.0 !

Si vous avez lu jusqu'ici, vous comprendrez donc pourquoi, comme l'avait si bien dit l'illustre Benjmin Bayart – ancien fondateur du plus vieux FAI de France – en parlant d'Internet : “Si ce n'est pas décentralisé, c'est du minitel.”. Le minitel, ce terminal dont le seul but était de centraliser tous les services en France.

Internet Libre ou Minitel 2.0 ? Après tant d'années d'évolution numérique, c'est quand même dommage d'utiliser Internet comme un vulgaire minitel, non ? En fait, le 3615 a juste évolué pour passer au “.com”. C'est sûr que le Commerce a su s'engouffrer dans la brèche en développant rapidement ses super solutions faciles à utiliser. Elles font briller les yeux des gens et des enfants qui ne se rendent pas compte que leurs amusements sont payés au prix de leur intimité. Voilà pourquoi ça ne motive pas à le considérer autrement que comme une vulgaire bibliothèque de services “clé en main”.

Il faut agir

Pour ne plus le considérer comme tel, il faut l'utiliser de manière différente et commencer à prendre conscience de son potentiel, notamment en privilégiant les logiciels libres et la décentralisation. Et, pourquoi, ne pas commencer par utiliser ceux cités plus haut ? Pourquoi ne pas demander à vos connaissances calées en informatique de vous aider dans cette transition ? La communauté du Libre sera toujours prête à vous aider, parce qu'il en va du bien de tous.

Libre de sa dépendance

Oui, la décentralisation, c'est génial, mais c'est aussi, à la fois sa force, et sa faiblesse. L'utilisateur a le choix de sa dépendance

Sa faiblesse

Il faut chercher et se confronter à ce dilemme : profiter du service décentralisé demandé en faisant confiance à un tiers, ou s'auto-hébeger et le gérer soi-même. C'est cette force qui fait sa faiblesse car un système de service décentralisé s'appuie rarement sur une seule solution logicielle ; ce qui a tendance à faire peur à Mr Michu, qui préfère installer facilement une seule application qui fait tout.

De plus, faire confiance à un tiers ne signifie pas que ce tiers continuera Ad vitam aeternam de vous faciliter la vie. C'est lui qui décide si, il peut encore assurer ses services. Voilà aussi pourquoi il est important de soutenir ces associations qui servent de tiers de confiance et qui le portent tellement bien.

Si vous vous auto-hébergez, vous serez donc responsable de vos problèmes et erreurs et pourrez avoir à réinstaller, ou recommencer. Mais à ce niveau, il sera assez rare de perdre ses propres données.

Sa force

La résilience. C'est la signfication profonde du principe de fonctionnement d'Internet. Si Internet est coupé dans un pays, il fonctionne quand même dans les autres. Si une instance fédérée ne fonctionne plus, ça n'empêche pas toutes les autres de continuer à fonctionner, et encore plus quand ces instances, comme par exemple, celles de Peertube, combinent la diffusion des vidéos en Peer To Peer.

La grande force de la décentralisation, c'est donc de pouvoir être indépendant, résilient et surtout libre de choisir.

Ne jamais oublier !

Quel que soit le mode de communication utilisé (chiffrée, sécurisée...), il ne faut jamais oublier que ce qui transite par Internet est copié au destinataire. Une photo, une vidéo, un message envoyé de manière totalement privée peut être répandu à très grande échelle. Ce que vous transmettez sur le réseau des réseaux ne vous appartient plus. C'est la règle de base à retenir, n'en déplaisait à Barbra qui a fait naître de son nom ; l'effet Streisand